On a le sentiment de vous redécouvrir avec ce film et que vous révélez enfin vos talents d'acteur. L'avez-vous ressenti ?
Pas vraiment mais ce qui est étrange c'est que, pour la première fois de ma carrière, j'étais satisfait après le premier jour de tournage. Les gens autour de moi m'ont dit aussi que j'étais différent. Mais je n'ai pas senti le vent venir. En tout cas, je préfère ne pas savoir pourquoi ça marche, sinon j'aurais trop tendance à avoir envie d'appliquer la “recette”. Peut-être que je me suis moins regardé jouer...
N'est-ce pas dû au rôle ou à la qualité du scénario ?
Non, je ne crois pas. Camping n'est pas un mauvais scénario... Je pense surtout que pour la première fois, je n'ai pas eu de pression car je n'avais pas le rôle principal. Et on m'a laissé faire exactement ce que je voulais. Je pense que tout ce que j'ai appris sur Cineman, Camping ou Disco m'a aidé. La seule chose que j'ai demandé à Eric Lavaine sur Incognito, c'est de me limiter si j'en faisais trop.
Francis est un personnage touchant. C'est un enfant dans le corps d'un homme...
C'est ça. Moi j'aime bien les rôles de mec gentil. Je l'ai abordé comme Didier Travolta dans Disco, je voulais que Francis soit sympathique. Sinon, on aurait eu du mal à croire que Lucas le garde chez lui aussi longtemps.
Francis est un vrai parasite. Vous avez déclaré que ce genre de personne est indispensable dans la vie d'un artiste Pourquoi ?
Car ça permet de garder les pieds collés sur terre. Ce genre d'ami, qui est scotché à vous, vous raccorde à la réalité. C'est souvent lui qui ose vous faire des remarques. Et en le voyant, on se voit nous si on n'avait pas été connu.
Bénabar fait ses premiers pas de comédien. Est-ce que vous l'avez un peu coaché ?
Non, il a juste été très à l'écoute et il s'est bien débrouillé. Il a cette humilité qu'ont beaucoup de chanteurs-acteurs, je pense à Souchon, Jonasz ou Brel. Ils ne jouent pas comme ils chantent. Ils sont humbles, et ça donne quelque chose de positif.
On vous voit toujours à poil dans les films, alors que vous déclarez être très pudique...
Au départ je ne voulais pas faire cette scène où Francis joue à la WII Bowling à poil, et qui n'était d'ailleurs pas dans le scénario original. Mais Eric Lavaine m'a convaincu que cette scène en dirait long sur le personnage. Peut-être est-ce une manière d'exorciser ma pudeur ou de montrer l'extérieur pour cacher l'intérieur.
Votre personnage de beauf frimeur vous colle à la peau. Vous n'en avez pas assez ?
Non. Ce personnage m'a rendu célèbre et c'est lui qui me fait vivre, donc je ne peux pas le jeter comme ça, d'un seul coup. Je le revendique, tout en sachant que je peux faire autre chose. Et l'avantage, c'est que le jour où je vais arriver avec un autre personnage, tout le monde va crier au génie car ils vont penser que ça a été très difficile pour moi. Et je suis sûr, qu'avec le temps, ce personnage va m'avantager.
Propos recueillis par Rania Hoballah
Metrofrance.com


