Attachant, Franck Dubosc l'est assurément. Côté pile, derrière le bleu profond de ses yeux, l'artiste révèle une extrême sensibilité, à fleur de peau. La star des films “Camping” et “Disco” n'a rien de superficiel. Son registre de prédilection ? Sa vie, son père, sa mère, sa soeur aussi. Dès qu'on lui demande qui sont ses parents, ses origines, ses habitudes, Franck Dubosc est aussitôt touché au coeur. Il en a même fait un spectacle “Il était une fois Franck Dubosc”, comme un hommage à ceux qui l'ont aidé, à ceux qui l'ont aimé.
Mais derrière cette aisance sur scène (“je ne connais pas le trac”) l'homme paraît fragile. Il s'accroche à ses racines. Franck Dubosc ne veut pas se laisser enivrer par la réussite. “La scène me permet de garder les pieds sur terre. Je suis de plus en plus près de ma famille”, sourit-il fièrement. Signe distinctif ? Sa réussite rapide ne lui monte pas à la tête. “Je n'ai que dix ans de scène, mon film “Camping” date seulement de 2005...” Franck Dubosc cherche à rester lui-même.
Brut de pomme, ou presque, avec un humour à double tranchant. “Mon père me disait 'vise la lune, au pire tu toucheras une étoile...' je touchais déjà pas l'Assedic”. Ainsi, sur sa famille, l'artiste de 45 ans est intarissable, fier même de rappeler ses origines modestes. “Je suis de Rouen. Mon père était déclarant en douane. Il a été longtemps au chômage. Et ma mère était secrétaire de mairie. Ma soeur est assistante maternelle.” En pleine gloire, ce vrai faux “frimeur” garde un oeil sur les siens en ces temps rudes de crise économique en métropole.
“Quand les parents sont au chômage, et bien, ils ne donnent plus leurs enfants à garder”, rappelle-t-il en parlant de sa soeur, assistante maternelle. Bref, Franck Dubosc est tout sauf un saltimbanque, sans âme, sans coeur. Et c'est sans doute ce que le public ressent dans ses films à succès. L'artiste est vrai, sincère, sans arrières pensées. Pas même revanchard. Ainsi, “Camping” est un hommage à ces années partagées sous la tente avec ses parents. “J'ai fait du camping jusqu'à 36 ans. Et si mon père vivait encore, je les rejoindrais sûrement pour passer des vacances au camping.
Quand j'ai fait ce film, j'ai retrouvé l'odeur de la toile et les souvenirs avec...” Aujourd'hui, au zénith de sa popularité, Franck Dubosc se souvient de la montée des marches vers la notoriété. “Je viens sur scène avec ma vraie valise. Celle quand je suis monté à Paris le 2 octobre 1983 pour devenir acteur. J'ai habité une chambre de 9 m2. Mais aussi dans les escaliers. J'allais prendre des douches chez les copines”.
Le 19 juin, Franck se marie en métropole. Il va s'acheter sa maison. Ça roule pour lui. Demain, à partir de 12 heures, vous pourrez approcher de près le côté face de ce phénomène de scène, sans chichi, à Odyssey place de la Cathédrale à Papeete. Vendredi, à To'ata, son spectacle 'Il était une fois” sera un vrai bon moment de détente avec un artiste efficace mais qui garde les pieds sur terre. Salut l'artiste !
François Verprat
“Kikito”, comme un miroir
Le spectacle raconte sa vie de bébé, d'abord dans le ventre de sa mère, puis de “petit garçon bien ordinaire” surnommé Kikito, comme il s'en amuse. Et puis, plus grand, “mon père me disait, vise la lune, au pire tu toucheras une étoile... je touchais déjà pas l'Assedic (ndlr : assurances chômage)...Pour toi public, je vais faire revivre mes amis, mes amours, mes démerdes...”. Ainsi, son spectacle est truffé de détails sur une ascension sociale peu banale. La force de Franck Dubosc est sans doute de savoir capter et enjôler des instants de vie communs à tout le monde, comme un miroir.
Merki sophie pour cette info

