Stéphane Rousseau et Franck Dubosc, deux amis? Quand on passe un moment en leur compagnie, il apparaît évident que ces deux hommes étaient nés pour se rencontrer.
Et c'est à peine exagéré! C'est Gilbert Rozon, président et fondateur du Festival Juste pour rire, qui était derrière le blind date professionnel au cours duquel nos deux comiques ont fait connaissance, il y a quelques années. Le temps a passé et ils ont bâti une amitié solide, marquée par leurs nombreuses boutades, naturellement! Quelques jours avant leur gala, 7Jours.ca les a rencontrés.
Vous avez déjà présenté ce gala au Festival Juste pour rire de Nantes, il y a quelques mois. Vous montez sur scène les 13 et 14 juillet au Théâtre St-Denis pour ensuite revenir en France. Voilà une belle façon de rentabiliser les efforts déployés!
Stéphane Rousseau: Ça faisait trois ans que nous n'avions pas joué ensemble; nous avions envie de nous retrouver. C'est Gilbert (Rozon) qui nous a demandé si ça nous intéressait. Et les galas, c'est tout de même nouveau, en France. C'est beaucoup de travail pour seulement deux représentations au Québec, mais nous avons voulu en faire un peu plus et aller plus loin dans les spectacles.
Êtes-vous plus nerveux en France qu'au Québec?
Stéphane Rousseau: C'est pareil. Tu sais, une salle de 30 personnes, c'est plus énervant qu'une salle de 2000 personnes.
Franck Dubosc: Quoique dans une grande salle, c'est un peu plus difficile parce qu'il faut aller chercher le public. De mon côté, ça faisait un moment que j'avais envie de jouer avec d'autres personnes; le côté «partage» me manquait. Tu fais un film, puis la promotion de celui-ci, tu es toujours seul... C'était vraiment le bon moment pour remonter sur scène ensemble, car Stéphane est entre deux tournées de spectacles.
Et avec les années, comme vous vous connaissez bien, les rôles de chacun doivent être bien déterminés...
Stéphane Rousseau: Oui, on connaît nos forces et on sait comment travailler ensemble. Au Québec, je ne voudrais pas que Franck se plante en spectacle; je suis là pour le seconder. En France, c'est plutôt lui qui me soutient.
Franck Dubosc: Nous jouons donc un rôle équivalent, chacun dans notre pays d'origine.
Stéphane Rousseau: Je ne sens pas que j'ai une place aussi importante que Franck dans le c½ur des Français. Et je pense qu'au Québec, lorsque Franck débarque, il doit travailler un peu plus pour séduire le public. Tandis que moi, je connais bien le public québécois. Quand je suis en France, je dois par contre me vendre un peu plus.
Est-ce que vous ressentez encore, après tant d'années de métier, du stress et de la pression quand vous montez sur scène?
Franck Dubosc: On a beau penser qu'on ne se met pas de pression, après coup, on réalise qu'il y en a, du stress.
Stéphane Rousseau: Oh oui! Il y a des années au cours desquelles ça va moins bien, des fois où ton numéro, même si tu as travaillé deux fois plus, marche moins bien.
Franck Dubosc: Les critiques ont quelquefois été durs envers nous...
Stéphane Rousseau: Et parfois, on improvise un truc et c'est encore plus drôle. C'est très difficile de commander l'effet comique; ça arrive ou ça n'arrive pas. Mais par chance, la plupart du temps, le travail a raison sur le hasard.
Franck Dubosc: Ça peut être blessant, les critiques. Quand ça porte sur mon travail, je peux comprendre, mais quand il y a des attaques personnelles, c'est autre chose.
Stéphane Rousseau: Je l'avoue, j'ai déjà pensé à crever les pneus de certains critiques. Évidemment, je ne l'ai jamais fait! Je ne te dirai pas le nom, mais je peux te dire la marque du véhicule! (rires)
Franck Dubosc: Il y en a un en France qui est de mauvaise foi avec moi, qui est toujours sur mon cas. À propos d'un de mes films qui a bien marché, il a écrit un long papier qui expliquait pourquoi le film marchait si bien: il était sûr qu'on avait payé les journalistes! Au Festival de Deauville, ce journaliste est arrivé en face de moi et m'a dit bonjour. Eh bien, je ne lui ai rien dit, je l'ai salué. C'était impossible pour moi d'être méchant. Et ici aussi, on nous a reproché des choses...
Oui. On a souligné le fait que vous jouez souvent les beaux gars sur scène...
Stéphane Rousseau: C'est difficile de faire autrement! (rires)
Franck, votre personnage de scène est un séducteur superficiel et quelque peu égocentrique. Est-ce que cette image s'applique dans la réalité, dans vos rapports avec les autres?
Franck Dubosc: Je ne suis pas ce personnage-là! Il y a une partie de moi qui lui ressemble, mais je pense que les gens sont assez allumés pour voir que je ne suis pas comme ça.
Stéphane Rousseau: Honnêtement, il est le gars le plus charmeur que je connaisse. En plus de son regard bleu, il manipule bien la langue... de Molière, on s'entend! (rires)
Les Galas Juste pour rire de Stéphane Rousseau et de Franck Dubosc, les 15 et 16 juillet, au Théâtre St-Denis, hahaha.com.