Valérie Lesage
Le Soleil
Québec
Dans Disco, Didier Graindorge, alias Didier Travolta, fond devant la beauté et le charme de France Navarre, la prof de danse classique qui l'aidera à redevenir un roi sous la boule de miroirs.
Dans la vraie vie, l'humoriste et acteur Franck Dubosc se sentait tout petit devant la grande actrice Emmanuelle Béart, «celle qui a tourné avec Tom Cruise»! (Mission impossible)
«Avec les cours de danse avant le tournage, on a vite cassé la pudeur. La deuxième fois que j'ai vu Emmanuelle Béart, j'ai dû lui prendre les fesses pour la lever en l'air!», raconte Dubosc, qui est aussi coscénariste de Disco.
Dans cette nouvelle comédie, qui a fait 2,5 millions d'entrées en France et qui prend l'affiche chez nous vendredi prochain, Dubosc incarne un chômeur endetté et un mari largué qui vit chez sa mère. À 40 ans passés, il se remet au disco avec ses potes des B-Kings pour gagner un concours qui lui permettrait d'emmener son fils en vacances chez les kangourous.
Brushing gonflé, veston à paillettes et jean ultra-serré, Didier Graindorge appartient à une autre époque et semble né pour l'échec, sauf sur une piste de danse, à 20 ans... Devant son regard ébloui, la sublime France Navarre (Béart), ballerine issue d'une haute bourgeoisie qui l'ennuie un peu. Le choc de deux mondes.
«Le plus grand risque, c'était qu'on ne croie pas à l'histoire d'amour entre Graindorge et Navarre. Ils viennent de deux univers très différents, comme Dubosc et Béart. Mais la sympathie du personnage fait qu'on y croit», estime l'acteur, qui dit de son personnage qu'il est «sympathétique».
Scénario et réalisation
Dubosc retrouve au scénario et à la réalisation Fabien Onteniente, son complice de Camping (inédit à Québec), une comédie qui a attiré 5,5 millions de spectateurs en France. Avec Disco, ils ont voulu créer un univers qui puisse plaire aux enfants. Ils créent une comédie romantique avec un personnage complètement décalé. Enfin... pas seulement un! Disons que le tenancier du Gin Fizz, le bar disco où dansent les B-Kings, est tenu par un Gérard Depardieu furieusement kitsh, dont l'épouse, Isabelle Nanty, l'est tout autant et peut-être un peu plus!
Plusieurs fois pendant l'entretien, qui a eu cours dans un restaurant de la rue Saint-Jean, Franck Dubosc, l'homme qui accumule les succès sur scène et à l'écran, a redit à quel point il est difficile de faire rire les gens.
«Il y a un énorme travail d'écriture, même dans une comédie simple. Il faut plaire à un large public, donc il faut faire des concessions. Et deviner ce qui va plaire...»
Plaire. C'est à la fois le moteur et l'angoisse de création de Franck Dubosc.
Films populaires
«On me demande toujours si j'ai envie de jouer un drame après les comédies. Mais je ne vois pas les choses en termes de drames et de comédies. Ce qui m'intéresse, ce sont les films populaires. C'est l'envie d'être aimé, je ne le cache pas. J'étais un petit garçon assez secret, avec peu de copains et c'est mon combat pour être aimé», explique-t-il, avec un voile de timidité au fond de son regard bleu.
«Et il faudrait dire aux gens que je ne suis pas aussi idiot que mes personnages. Si je l'étais, je n'accepterais pas de les jouer...»
Avec le temps, Franck Dubosc a appris et accepté qu'il ne pourrait pas plaire à tout le monde. On ne rit pas des mêmes choses et les génies sont rares. Mais il s'est fait un public et, pour lui, il accepte de plus en plus d'ouvrir son c½ur et de laisser tomber, parfois, le masque de l'humour.
«Les tourments s'apaisent quand on se rend compte qu'on ne sera pas aimé de tous. Mais j'ai envie de continuer d'être aimé de ceux qui m'aiment. Je voulais plaire, je ne veux plus déplaire. C'est plus altruiste comme démarche, plus agréable aussi.»
Franck Dubosc s'est mis à l'écriture de Camping 2, on le verra l'an prochain dans Les aventures de Cinéman en héros qui a le pouvoir de voyager à travers tous les films. À la scène, l'humoriste espère présenter son prochain one-man-show à Québec.